
Explorer comment fonctionne le corps humain en mouvement et découvrir ses possibilités infinies d’expression, de création et de relation m’a depuis longtemps animée, et cela continue de me motiver et de remplir mes journées de joie.
L’importance du souffle…
C’est un chemin où les difficultés que j’ai pu rencontrer sur mon parcours se sont transformées en invitation à creuser davantage ce qui se jouait en moi, et questionner « ce mystère que nous sommes ».
Après une formation en danse classique à Dunkerque et en danse contemporaine à Paris (Rencontres Internationales de Danse Contemporaine), j’ai dansé dans différentes compagnies chorégraphiques en danse baroque et contemporaine. Dans ce chemin exigeant, je me suis aperçue que je « ne respirais pas » quand je dansais : mon diaphragme se bloquait.
J’ai alors cherché des approches sollicitant le souffle et la voix, ouvrant la porte aux émotions retenues : pendant plusieurs années avec Nadine Abad au Chemin du Théâtre, dans la lignée du butô de Kazuo Ono, et de l’entraînement vocal de Sigmund Molik pour le Théâtre-Laboratoire de Jerzy Grotowski, puis dans un compagnonnage au long court avec Bénédicte Pavelak et ses ateliers Chant du corps, danse de la voix, ancrés dans les traditions vibratoires du son tibétaines et dans des recherches sur les pratiques vocales et dansées des sociétés ancestrales.
Ces pratiques ont amorcé chez moi un travail profond venant remettre en question ma relation à la verticalité, la posture étant travaillée par les jeux de retenue du souffle et les compensations musculaires. Elles m’ont aussi ancrée dans une approche relationnelle du corps.
Avec elles, j’ai expérimenté ce que recouvrent les termes de « présence » et d’ « être », que l’on invoque dans les arts du spectacle vivant, mais qui ont une dimension bien plus vaste, existentielle.
J’ai en même temps découvert différents chemins d’expression, que j’ai approfondis par la suite avec la pratique du clown et du théâtre, mais aussi de l’écriture.
Cela m’a aussi mise « en selle » sur la question de l’accompagnement : m’accompagner moi-même pour pouvoir aussi accompagner d’autres personnes.


Le corps source de création
Les chemins de la création m’appellent vite et je m’engage dans différents processus créatifs à la croisée des arts vivants pour chorégraphier pour la Cie le quadrille des homards.
Je continue de privilégier l’improvisation pour l’exploration du mouvement, que j’expérimente en danse auprès de Simone Forti, David Zambrano, Patricia Kuypers.
Toujours en quête de nourrir à la fois ma pratique de danseuse, et mon appétit de connaissance anatomique par une approche sensorielle et expérimentale, je continue de me former.
Je rencontre Bonnie Bainbridge Cohen, fondatrice du Body Mind Centering® et j’explore l’embryologie et les origines du mouvement, avec les schèmes de développement pré-vertébérés.
Je pratique aussi pendant plusieurs années auprès de Jacques Garros, qui a poursuivi au Centre Lafaurie les recherches de Hilde Peerboom (Travail Corporel), lesquelles placent l’attention portée à l’acte respiratoire ainsi que la proprioception au cœur du chemin vers l’unité de l’être par la connaissance sensorielle de sa propre structure. J’y approfondis la sollicitation de la musculature profonde par une détente préalable permettant plus de justesse dans le geste.
Je me forme auprès de Blandine Calais Germain et de ses élèves à la transmission de sa méthode Périnée et mouvement© alliant connaissance anatomique, explorations sensorielles et propositions dynamiques engageant le corps dans sa globalité.
Je me nourris aussi de différentes pratiques comme le yoga ou la pneumaphonie du chanteur Serge Wilfart, auprès de Valérie Vincent, ainsi que l’art du toucher que je développe par la pratique de massages.
A l’écoute du mouvement
Aujourd’hui j’interviens à l’école d’art-thérapie Puzzle à Lambersart (59), ainsi qu’en pédagogie d’éveil à la danse à Roubaix (ESMD, 59). J’interviens aussi auprès de publics allant de la petite enfance à la vieillesse, pour une approche holistique de la personne en mouvement, où la relation a une place centrale.
Ce qui nous relie
La relation est en effet ce qui guide mon approche du corps.
Si les pratiques que je propose invitent à se relier intimement à soi, la dimension collective y est aussi importante. Elles invitent à se poser cette question : comment bouger, danser, chanter, ensemble ?
